Avignon OFF : Les bonnes fêtent les morts à l’Etincelle
Avignon OFF : Les bonnes fêtent les morts à l’Etincelle

Avignon OFF : Les bonnes fêtent les morts à l’Etincelle

THÉÂTRE

Avignon OFF : Les bonnes fêtent les morts à l’Etincelle

23 JUILLET 2021 | PAR AMELIE BLAUSTEIN NIDDAM

La compagnie Mona Lisa Klaxon s’empare du texte de Genet pour l’emmener au Mexique avec une distribution clownesque et travestie. Jubilatoire.

Aux manettes, Marcos Malavia s’est visiblement beaucoup amusé à offrir sa version de ce monument du théâtre. Pour le moment, il n’est pas encore sur scène car lui est Madame et vous le savez au début Madame n’est pas là. Madame est au poste car son mari a été dénoncé par des fausses lettres écrites par Claire accompagnée de Solange.

Claire est campée par Amélie Dumetz et Solange par Victor Quezada-Perez, qui est également le vice-président du Off d’Avignon. Les voir ensemble tous les deux en bonnes est déjà fort rigolo. Leur jeu est ancré dans la corporalité. Ils occupent à merveille le tout petit plateau envahi d’une chambre mexicaine. Un cadre illustre une fenêtre, et sur celle-ci se trouvent des fleurs et des têtes de morts, qui embellissent davantage la scène.

A ce moment là, « elles » jouent à être « elle », elle avec son rang, sa robe rouge, son tilleul et ses fards. Les Bonnes c’est bien sûr une pièce militante et sociale sur la condition des domestiques, allégorie de tous les précaires. Nous sommes en 1947 quand Genet écrit, en plein monde d’après qui reproduit très fort le monde d’avant… déjà !

Le jeu est une fête mortelle ! Marcos Malavia est incroyable en Madame, faisant son entrée sur un mambo aux paroles sues par cœur. Amélie Dumetz et Victor Quezada-Perez maîtrisent autant le fond que la forme dans un engagement au plateau sans faille.

Mais on le sait « le jeux est dangereux », et l’inversion sociale n’est pas possible en dehors de leur « cérémonie ».

Il est délicieux de voir comment Les Bonnes restent un tube déjà porté au cinéma et au théâtre un nombre incalculable de fois (on se souvient de la version sud-africaine de Robyn Orlin). Et ici, transposer la pièce au Mexique lui donne une allure mystique encore plus que sociale.

Les Bonnes, à voir jusqu’au 31 juillet – Relâche le 26 juillet, à 18h00 au Théâtre de L’Etincelle.

Visuel : Affiche Les Bonnes